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jeudi 10 mars 2016

Sacrée croissance ! Le Pib et la croissance : un modèle économique dépassé au vue des bouleversements climatiques à venir !

 monnaie locale cercle verteux ,en dehors de la spéculation et des crédits usuriers  




« Face à la crise et aux risques écologiques, il faut repenser de fond en comble notre modèle de société fondé sur la croissance. Locales et solidaires, des solutions alternatives existent. Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin témoigne de celles qui vont
– peut-être – orienter notre futur. »
Sacrée croissance from Nardisto on Vimeo.

Vous avez dit croissance ?

Entre les décideurs politiques et une partie de la population réticente à se laisser imposer les doxas libérales, les visions du monde tel qu’il doit être mené semblent irréconciliables. Lorsque les premiers ne jurent que par la croissance, répétant le terme comme une formule incantatoire, les seconds espèrent en d'autres solutions et réfutent le productivisme et la consommation à tout prix. 

 La parole des experts

Six experts internationalement reconnus nous disent pourquoi et comment il faut sortir de la course à la croissance.
- William Rees (Créateur du concept d’« empreinte écologique ») nous explique ce qu’est « Notre empreinte écologique » (Éditions Écosociété,‎ 1999)
- Thomas Greco (Économiste) : pourquoi il faut « réinventer l’argent » (http://reinventingmoney.com/)
- Dominique Meda (Sociologue) : un changement profond s’impose comme la solution la plus raisonnable, en rupture avec « La mystique de la croissance » (Flammarion 2013)
- Andrew Dlugolecki (GIEC) : le regard prospectif d’un spécialiste de l’assurance, qui se revendique « rationnel-pessismiste » (http://therationalpessimist.com/tag/andrew-dlugolecki/)
- Tim Jackson (Économiste) : parce que notre modèle économique se trompe sur la nature humaine, on peut parler sans paradoxe d’une « Prospérité sans croissance » (De Boeck, 2010)
- Nico Paech (Économiste) nous guide « vers une économie post-croissance » (« Vom grünen Wachstumsmythos zur Potstwachstumökonomie », Fischer, 2011)






























Merete : L’énergie est l’affaire de tous 

Si l’île de Samsö est aujourd’hui totalement autonome en énergie, Merete n’y est pas pour rien. Sans avoir jamais milité dans aucun parti, elle est à l’origine d’une coopérative de 200 familles, qui a installé une centrale de chauffage alimentée par la paille des paysans locaux.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Lawrence Perquis.

Magali : Des légumes bios pour sauver la planète

Elle aurait pu rester éducatrice, la terre a été son choix délibéré. C’était plus de travail, mais plus de valeurs, de solidarité, et d’avenir.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Alex Giraud.

Ida : L’agriculture urbaine transforme les gens

 En 2000, elle barrait les routes avec les « piqueteros », révoltée que le peuple fasse les frais de la crise financière argentine. Reléguée dans un bidonville avec sa famille, elle « jette des graines » sur un bout de terrain vague. C’est alors qu’elle est contactée par un ingénieur agronome, employé par la municipalité…
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Sergio Goya.

Heike : Une monnaie au service de l’économie locale 

Aussi souvent que possible, elle paie ses achats en Chiemgauer. La monnaie locale subventionne la crèche parentale fréquentée par ses enfants, mais ce n’est pas tout : en l’utilisant, elle redéfinit ses besoins, et privilégie une certaine éthique.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Lawrence Perquis.

Charlotte : La transition énergétique au quotidien

La thermique du bâtiment aurait pu rester simplement un métier. Elle en a fait une conviction qui se déploie jusque dans les gestes quotidiens.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Edith Roux.


Amy : L'agriculture urbaine transforme les villes

Ex-directrice artistique, elle a tout plaqué pour rejoindre Fresh City Farms, la ferme urbaine coopérative créée par un ancien avocat à la Bourse de New York. Elle a abandonné son train de vie, mais elle y a gagné un « métier d’avenir » : maraîchère.
Les photos de ce portrait vidéo sont l'oeuvre de Josué Bertolino.

 Alessandra : La cuisine locale pour tous

Elle se régale de nourrir les autres, mais sa cuisine n’est pas seulement tournée vers ses hôtes : c’est comme un hommage à la terre et à ses produits.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Edith Roux.

Deki : Le bonheur commence à l’école

Le Bonheur National Brut, ce n’est pas qu’un slogan : depuis qu’elle l’a intégré au programme de ses élèves, la vie de cette directrice d’école a changé. Séances de méditation, apprentissages des savoirs pratiques et de l’hygiène alimentaire doivent faire des enfants les futurs "ambassadeurs du changement "
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Kesang Tshomo et Bumthab Lhendup.

 Pabitra : L’énergie au service du développement

Dans sa ferme non loin des sommets enneigés, elle cuisine au gaz grâce à l’installation d’un digesteur, approvisionné avec le fumier de ses deux buffles. Mais elle s’inquiète : le climat est perturbé, les glaciers reculent, et l’arrosage de ses légumes, de son maïs et de son riz se complique.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Shruti Shrestha.

Otaciana : Une monnaie pour lutter contre la pauvreté

Née dans le bidonville de Palmeiras, dernière d’une famille de onze, elle est aujourd’hui directrice commerciale de la banque locale Palmas. Elle y poursuit l’œuvre de solidarité dont elle a elle-même bénéficié, favorisant l’économie circulaire pour que l’argent des pauvres profite aux pauvres.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Celsio Oliveira.

 CLER http://www.cler.org/ Réseau pour la transition énergétique... ( plusieurs videos didactiques, pédagogiques et parfois amusantes. )


source arte future





mercredi 7 mai 2014

fusionner l'écologisme et le socialisme , l'écosocialisme



L'écosocialisme part du principe que l'écologie est inconciliable avec le capitalisme, dont les modes de production sont guidés par la recherche du profit et la valeur d'échange, ce qui implique le productivisme et l'incapacité de prendre en compte la destruction de l'environnement (qui n'a pas de valeur d'échange).

Premier manifeste : 18 thèses pour l’écosocialisme

 




les autres traductions du manifeste : Cliquez sur l'image pour télécharger (format pdf)


http://ecosocialismedotcom1.files.wordpress.com/2014/05/ekosocialism-fc3b6rsta-manifest-sv.pdf

source

jeudi 3 avril 2014

Choisir une banque éthique en France !

En ces temps de crise, on aimerait demander des comptes aux banques qui sont tenues pour responsables de ces problèmes.
Attac et les Amis de la Terre ont lancé en avril 2011 leur campagne commune « A nous les banques ! » et ont envoyé un questionnaire détaillé aux dix principaux groupes bancaires opérant en France afin qu’ils rendent compte des conséquences de leurs activités sur la société.
Si vous vous souciez du fait que votre banque investisse (avec l’argent de vos comptes) dans le nucléaire, les hydrocarbures, l’armement ou que vous ne trouviez pas normal que leurs dirigeants gagnent des millions d’euros alors que les citoyens doivent se serrer la ceinture ou se retrouvent à la rue, alors il est peut-être temps de changer de banque !
Ce n’est pas compliqué, et vous pouvez même avoir des comptes dans des banques différentes au même moment, si vous ne pouvez pas quitter votre banque pour certaines raisons (prêt ou placement en cours), ou pour assurer une période de transition.
Je l’ai moi-même fait, en quittant la caisse d’épargne pour aller à la Nef depuis plusieurs années.. et j’en suis très content :) Je sais maintenant que l’argent qui est sur mon compte est utilisé pour de bonnes causes et de plus en plus de gens autour de moi veulent changer de banques pour les mêmes raisons éthiques…


 Liens :

Ajout de décembre 2012 : Un reportage sur la NEF à été diffusé le 13 novembre 2012 sur France 2 dans l’émission Infrarouge avec comme titre : “La banque qui veut prêter plus”
Résumé sur France 2 : www.france2.fr/emissions/infrarouge/diffusions/14-11-2012_8269



source 


Lancement d'une banque éthique européenne

 



La première banque éthique alternative européenne verra le jour en 2010. Née de la fusion de la Nef (France), la Banca popolare etica (Italie) et Fiare (Espagne), cette banque adoptera le statut de coopérative européenne. L'enjeu est de doter le secteur de l'économie sociale et solidaire d'une institution bancaire dédiée à la demande grandissante d'une finance au service de l'Homme.

Le projet d'une banque alternative européenne mûrissait depuis le regroupement, en 2001, d'institutions financières au sein de la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (FEBEA). Il devrait aboutir en 2010 à la fusion de trois de ses membres - La Nef en France, Banca Popolare Etica en Italie et Fiare dans le Pays basque espagnol- au sein d'une nouvelle entité, la Banca Etica Europa, qui prendra le statut de société coopérative européenne.
« Le développement de la finance éthique nous impose de trouver des réponses adaptées à des attentes toujours plus élevées de nos sociétaires », constate Fabio Salviato, PDG de la Banca popolare Etica. Des attentes qui s'expriment tant du point de vue de la création et du développement d'entreprises et associations investies dans l'environnement, l'économie solidaire ou la solidarité internationale que de l'aspiration grandissante à une épargne citoyenne.
La banque transalpine affiche sur les trois dernières années un taux de croissance de 20 à 30 % tant pour la collecte de l'épargne que pour l'encours de crédit. Du côté de la Nef, l'octroi de prêts a décollé en 2008 (+ 27 %), tandis que l'épargne continue sur sa lancée avec une collecte en hausse de 18 %. La fusion donnera naissance à une banque de plein exercice, bénéficiant de l'agrément bancaire de Banca etica. Un changement de taille pour Fiare qui dispose du statut de fondation et pour La Nef qui, faute d'agrément bancaire, confiait la gestion des comptes de ses sociétaires au Crédit coopératif. La future banque sera dotée d'un patrimoine de départ de 100 millions €, une épargne de 1,2 milliard € et 50000 sociétaires.

Grandir avec son éthiqueCette fusion à l'échelon européen répond aussi au désir de ces banques alternatives de réaffirmer leur rôle de promoteur face aux banques conventionnelles qui développent départements et produits éthiques. « Notre bilan représente un dix millième de celui de la BNP. Nous pouvons représenter plus, mais notre impact doit aussi être qualitatif, comme montrer qu'il est possible d'être transparent », explique Marc Favier, responsable des projets à La Nef*. « Les fondateurs de la finance éthique doivent rester les protagonistes d'un nouveau système financier », ajoute Fabio Salviato (cf. encadré).
Finance éthique à l’Italienne.
En Italie, éthique veut dire solidaire. Si la plupart des banques gèrent des fonds ISR, le terme d’éthique est réservé à l’activité bancaire orientée vers le financement local d’activités porteuses d’utilité sociale et/ou environnementale. Sur le petit 1,2 Md € de la finance éthique italienne, la Banca popolare etica est au 3ème rang avec 250 millions € d’épargne. Face à elle le numéro 1 des banques italiennes, Intesa San Paolo, a non seulement des fonds ISR, mais a créé en 2007 un concurrent direct à la banque coopérative, Banca prossima. Une concurrence que ne connaît pas la finance solidaire française où éthique et solidaire restent deux segments bien séparés.

Au-delà de la performance financière, c'est l'organisation de la gouvernance de la banque qu'il faudra surveiller afin de savoir si le défi est relevé. Banca Etica et La Nef sont déjà des coopératives dont les sociétaires sont les clients. Mais l'expérience des grandes banques coopératives françaises (Crédit Agricole, Banques populaires...) qui sont aujourd'hui devenues des holding aux yeux rivés sur la Bourse attestent de la difficulté à faire vivre ses principes de démocratie économique dans un contexte concurrentiel.
La gouvernance de la Banca Etica Europa devrait largement s'inspirer de l'expérience italienne. La direction centrale y est soumise depuis sa création en 1995 à une forte décentralisation du pouvoir de décision vers les groupes locaux de sociétaires. Une fondation dite culturelle se charge d'entretenir la participation du sociétariat.
En 2008, un Manifeste a été élaboré conjointement dans les trois pays afin de sceller ces grands principes qui visent à « gérer l'épargne comme un bien commun » au service de « l'économie réelle ». 2009 servira à affiner le mode de gouvernance et préparer la bascule vers la nouvelle structure. Le siège s'installera en Italie et un vice-président sera élu dans chaque pays.
Toute la difficulté est d'organiser cet « aller-retour permanent pour définir la stratégie globale conduite par la direction européenne en lien avec l'expression des attentes de la base », décrit Marc Favier. L'on sait déjà que la souscription de parts sociales se fera sur la base du volontariat, ce qui laisse imaginer deux catégories de clients : les épargnants citoyens désireux d'épargner en conscience et les épargnants sociétaires désireux de s'investir dans la vie coopérative.
La BEE devrait aussi jouer la carte des services internet sur le mode des banques en ligne tout en remettant au goût du jour le concept du banquier itinérant qui se déplacera sur un territoire donné, à la rencontre des clients. « Nous serons une banque sans distance », sourit Marc Favier.

 

* La Nef publie chaque année l'intégralité des prêts octroyés, leurs montants et la nature de l'entreprise financée.
Philippe Chibani-Jacquot
© 2009 Novethic - Tous droits réservés

La banque éthique pour encourager les placements responsables 

http://www.encyclo-ecolo.com/Banque_%C3%A9thique

 

 


 

mercredi 18 décembre 2013

Hydroponie-aquaponie, solution d'autonomie alimentaire et d'emploi pour les quartiers difficiles

Aquaponic-Suisse-Complet

Pouvoir produire de plus en plus de fruits, légumes et céréales pour répondre aux besoins alimentaires d’une population mondiale en constante augmentation est un enjeu de taille. Propre, qualitative, économique, l’hydroponie est l’une des solutions envisagées.
Si l’on étudie la projection de la population d’ici à 2050, et en considérant un taux de fécondité avoisinant les 2,7 enfants par femme en âge de concevoir, le nombre d’habitants pourrait dépasser les 12 milliards.
Douze milliards de bouches à nourrir, c’est la problématique à laquelle devront faire face tous les pays du monde.
Comment donc répondre à ce besoin vital sans perturber outre mesure la planète, sachant que la culture classique ne peut être une solution envisageable à si grande échelle, y compris sur le plan économique.
Le terme d’hydroponie a été prononcé aux Etats-Unis dans les années 30. Mais ce mode de culture, qui consistait à maintenir les racines végétales dans de l’eau, remonte à l’époque des Aztèques.
L’Europe commence à y avoir recours en 1699 et il faudra attendre 1850 et le génie du scientifique germanique Liebig pour que le processus évolue.
Les travaux de Liebig portent sur le comportement nutritionnel des plantes et mènent à la conclusion suivante : culture et rendement sont possibles hors sol à condition de maintenir les racines dans une eau enrichie en nutriments indispensables à la croissance des végétaux sans qu’il soit nécessaire d’utiliser de la terre.
Solutions aqueuses et nutritives sont au cœur des recherches auxquelles se joignent dix ans plus tard Sachs et Knop.
Dès lors, les processus de culture hydroponique ne cessent d’évoluer. Dès 1925, l’industrie serricole applique les principes de l’hydroponie jusqu’à la mise en place, en 1970, du système Nutrient Film Technic (NFT) par le Docteur Alan Cooper.
Ces procédés ont permis de rendre possible l’hydroponie commerciale et de pouvoir espérer aujourd’hui apporter en 2050 la nourriture suffisante à 12 milliards de personnes au minimum.
Le fait de pouvoir cultiver des végétaux et d’obtenir d’abondantes récoltes de produits sains dans un autre environnement que la terre laisse entrevoir de nombreuses possibilités d’autant que la culture hors-sol pourrait être bien plus économique que la culture traditionnelle (des efforts sont encore nécessaires dans la technologie LED pour faire baisser le coût de l'energie des cultures) .
En milieu urbain tout comme en milieu rural la culture de fruits et légumes serait donc possible à très grande échelle. Aujourd’hui plus encore la Recherche s’investit totalement dans l’étude de ce mode de culture afin d’entrevoir si l’hydroponie est une solution d’avenir pour l’ensemble de la population.

 © Sweco
Cette sphère (aussi appellée farmscraper) de 18 étages de cultures hydroponiques est un projet de la ville de Linköping, en Suède qui pourrait alimenter environ  20 000 personnes.
Les études nous diront s’il est possible de cultiver en plein cœur du Sahara, sur les cercles polaires sud et nord et pourquoi pas dans un grand jardin orbital.

Le futur d'aujourd'hui -> vidéo d'un projet de culture maraichère hydroponique réalisé il y a quelques années déjà.



 

L'agroécologie, qu'est-ce que c'est ?


Marie-Monique Robin, dans son dernier opus "Les moissons du futur" aborde ce sujet tout à fait intéressant, faire de l'agriculture de façon scientifique, mais pas la science de la "pétro-chimie". Ici, un texte qui explique bien ce sujet :
"L'agroécologie : des méthodes plus efficaces que le recours aux engrais et pesticides chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim "
(Communiqué des Nations Unis, du Haut-Commissariats aux Droits de l'Homme, 8 mars 2011 - c'est pas les nouvelles fraîches, mais ce type de nouvelle met longtemps à arriver aux oreilles des mortels, je me demande bien pourquoi....)
En à peine 10 ans, les petits agriculteurs peuvent doubler la production alimentaire des régions vulnérables en recourant à des méthodes de production écologiques, affirme un nouveau rapport* de l’ONU. Fondé sur un examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, le rapport appelle à un virage fondamental en faveur de l'agroécologie comme moyen d’accroître la production alimentaire et de réduire la pauvreté rurale.
« Si nous voulons nourrir 9 milliards de personnes en 2050, il est urgent d'adopter les techniques agricoles les plus efficaces », explique Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l'alimentation et auteur du rapport. « Et les preuves scientifiques actuelles démontrent que les méthodes agroécologiques sont plus efficaces que le recours aux engrais chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim. »
L’agroécologie applique la science écologique à la conception de systèmes agricoles qui répondent aux défis climatiques, alimentaires et de pauvreté rurale. Cette approche améliore la productivité des sols et protège les cultures en s'appuyant sur l'environnement naturel comme certains arbres, plantes, animaux et insectes.
« À ce jour, les projets agroécologiques menés dans 57 pays en développement ont entraîné une augmentation de rendement moyenne de 80% pour les récoltes, avec un gain moyen de 116% pour tous les projets menés en Afrique », explique le Rapporteur de l’ONU. « De récents projets menés dans 20 pays africains ont même démontré un doublement des rendements des cultures sur une période de 3 à 10 ans. »
« L'agriculture conventionnelle accélère le changement climatique, repose sur des intrants coûteux et n’est pas résiliente aux chocs climatiques. Elle n’est tout simplement plus le meilleur choix pour l’avenir », affirme l’expert de l’ONU.
« L’agroécologie est au contraire reconnue par un nombre croissant d’experts pour son impact
positif en termes de production alimentaire, de réduction de la pauvreté et d'atténuation du changement climatique. Même le Malawi, un pays qui a lancé il y a quelques années un important programme de subvention des engrais chimiques, met désormais en oeuvre des programmes agroécologiques. Ceux-ci bénéficient à plus de 1,3 million de personnes qui ont vu les rendements de maïs passer de 1 tonne/ha à 2-3 tonnes/ha. »
Le rapport souligne aussi que les projets agroécologiques menés en Indonésie, au Vietnam et au Bangladesh ont réduit de 92% l'utilisation d'insecticides pour le riz, permettant aux agriculteurs pauvres de faire d’importantes économies financières. « Remplacer les pesticides et les engrais par la connaissance de la nature fut un pari gagnant, et des résultats comparables abondent dans d'autres pays asiatiques, africains, et latino-américains », note Olivier De Schutter.
« L'approche gagne aussi du terrain dans les pays développés comme les États-Unis, l'Allemagne ou la France », poursuit l’expert. « Toutefois, en dépit de son incroyable potentiel dans la réalisation du droit à l'alimentation, l'agroécologie est encore insuffisamment soutenue par des politiques publiques ambitieuses, et peine donc encore à dépasser le stade expérimental. »

Lire la suite de cette "déclaration de l'ONU" en cliquant ici
Sujet trouvé ici !
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* Rapport ONU : "L'agroécologie peut doubler la production alimentaire en 10 ans."


 Les moissons du futur. Comment l’agroécologie peut nourrir le monde,  (Une coédition La Découverte/Arte-Éditions)« Si on supprime les pesticides, la production agricole chutera de 40 % et on ne pourra pas nourrir le monde. » Prononcée par le patron de l’industrie agroalimentaire française, cette affirmation est répétée à l’envi par les promoteurs de l’agriculture industrielle. De son côté, Olivier de Schutter, le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des Nations unies, affirme qu’il faut « changer de paradigme », car « l’agriculture est en train de créer les conditions de sa propre perte ». Pour lui, « seule l’agroécologie peut relever le défi de la faim et répondre aux besoins d’une population croissante ». D’après la FAO, il faudra augmenter la production agricole de 70 % pour nourrir 9 milliards de Terriens en 2050. Comment y parvenir ?
C’est à cette question que répond ici Marie-Monique Robin, en menant l’enquête sur quatre continents. S’appuyant sur les témoignages d’experts mais aussi de nombreux agriculteurs, elle dresse le bilan du modèle agro-industriel : non seulement il n’est pas parvenu à nourrir le monde, mais il participe largement au réchauffement climatique, épuise les sols, les ressources en eau et la biodiversité, et pousse vers les bidonvilles des millions de paysans. Et elle explique que, pratiquée sur des exploitations à hauteur d’homme, l’agroécologie peut être hautement efficace et qu’elle représente un modèle d’avenir productif et durable.
Du Mexique au Japon, en passant par le Malawi, le Kénya, le Sénégal, les États-Unis ou l’Allemagne, son enquête étonnante montre que l’on peut « faire autrement » pour résoudre la question alimentaire en respectant l’environnement et les ressources naturelles, à condition de revoir drastiquement le système de distribution des aliments et de redonner aux paysans un rôle clé dans cette évolution.

On peut nourrir le monde sans pesticides

 artetv blog

 

Vous reprendrez bien un peu de sauterelles ?


mercredi 27 novembre 2013

Révolution verte , l'Algocarburant

Un algocarburant est un carburant à base de lipides extraits des micro-algues. Les algocarburants sont des biocarburants de « troisième génération » potentiellement capables de remplacer les controversés biodiesels de « première génération », obtenus à partir d'huile végétale de plantes terrestres.

Les microalgues, le biocarburant du futur

 

 

 


Les plus assidus en cours de « sciences nat’ » se souviennent que le phytoplancton est en quelque sorte le carburant de la vie sous-marine. Ces microalgues sont à la base de la chaine alimentaire depuis des millions d’années, mais on n’a découvert que récemment qu’elles pourraient également remplacer le gasoil, et faire rouler les véhicules terrestres sans générer de pollution.
En pointe sur ces recherches, le laboratoire océanologique de Villefranche-sur-Mer (LOV) est associé à l’ambitieux projet français GreenStars. « Le phytoplanction est composé d’organises tout petits mais très compliqués, expose Antoine Sciandra, le directeur du LOV. Nous avons découvert qu’en le stressant avec de l’azote il produit de grandes quantités de lipides ».
Cette huile végétale d’origine marine est la base du biodiesiel, capable de faire fonctionner les moteurs à explosion. Encore faut-il trouver le procédé industriel pour le produire en grande quantité. C’est là qu’intervient l’INRIA. « L’objectif de GreenStars est de devenir l’un des cinq pôles d’excellence mondiaux dans le domaine des bioraffineries de microalgues », explique Olivier Bernard, directeur de recherches à l’INRIA.
« A court terme, poursuit le scientifique, nous sauront produire pour l’aquaculture (de la nourriture pour les poissons d’élevage, NDLR), puis pour l’industrie cosmétique et dans dix ans pour le marché de l’énergie ». Car si les scientifiques savent déjà créer du biocarburant à base de phytoplanction, son coût est encore prohibitif (10 euros le litre environ). Mais dans une décennie, on pourrait trouver ce carburant vert à la pompe, pour 0,89 euros !

Les micro-algues sont pleines de promesse

Les algues ne concernent pas seulement les voitures : les avions s’y mettent aussi ! La société AlgaeLink, basée aux Pays-Bas, a indiqué qu’elle a signé un accord avec la compagnie aérienne franco-néerlandaise Air France/KLM pour le développement et la production de carburant à partir d’algues qui alimentera les avions.

 La promesse de l'algue




Carburant, nourriture, valorisation du CO2, traitement des rejets, les micro-algues seront-elles la nouvelle grande ressource de la planète ? Après la conquête de l'ordinateur et de ses réseaux au XXème siècle, celle de la mer représente-t-elle le prochain défi technologique du XXIème ? Reportage.
Tout semble placé sous le signe de l'eau à Townsville, paisible bourgade du Queensland, épinglée en haut de la côte est de l'Australie. L'océan cerne le voyageur tandis qu'une inlassable pluie ne lui laisse aujourd'hui aucun répit. Cet univers aqueux le poursuit jusque sur le campus de la James Cook University (JCU). Ici, on est à la pointe de l'étude du monde maritime. L'endroit n'a rien à voir avec la Calypso du commandant Cousteau et ses marins savants. L'un des plus étonnants laboratoires de la JCU offre en effet un visage beaucoup moins romantique: il ressemble à une exposition de piscines comme on en trouve dans les périphéries des grandes villes méridionales. D'énormes bassins en plastique thermoformés remplis d'une substance verdâtre, qui a du être un jour de l'eau, nourrissent l'activité d'une armada de chercheurs en bottes en caoutchouc. L'anglais se parle avec de multiples accents, car les membres de cette équipe viennent d'Allemagne, d'Autriche, de Grande-Bretagne, des États-Unis, de France ou encore de la proche Nouvelle-Zélande. Bienvenue dans l'univers cosmopolite des micro-algues.
Pourquoi donc cette tour de Babel d'éminents spécialistes de biologie maritime s'obstine-t-elle à patauger autour de ces cuves remplies d'une peu engageante matière? Sans doute parce que ces scientifiques se sentent investis d'une mission, persuadés que les micro-algues sont un nouveau Graal dont ils sont à la fois les dépositaires et les premiers chevaliers. Ces petits organismes n'ont rien à voir avec les algues qui encombrent et empestent le littoral breton. Aussi méconnus que nombreux (il existerait plusieurs centaines de milliers de souches différentes), ils semblent eux parés de qualités surnaturelles. D'abord, ils peuvent assez aisément se transformer en biocarburant. Ils sont également capables de dégager l'hydrogène, nécessaire au fonctionnement des piles à combustibles qui feront avancer nos futures voitures. Les micro-algues sont également capables de nettoyer les eaux usées des ensembles immobiliers un peu à la manière d'une super fosse sceptique. Leur biomasse est de surcroît riche en précieux oméga 3 et 6 et fournit en prime des protéines sinon délicieuses, du moins comestibles.
Le meilleur pour la fin: les micro-algues ont besoin d'importantes quantités de gaz carbonique (CO2) pour leur croissance, transformant par un tour de passe-passe chimique ce vilain polluant en intéressant ingrédient. Avec des résultats sidérants: une tonne de CO2 permet, si tout va bien, de produire 1,8 tonne quotidienne de micro-algues! Une aubaine tout aussi inattendue qu'inespérée pour tous les grands pollueurs de la planète, comme les industries métallurgiques et minières. Cela n'a pas échappé au groupe d'extraction minière Anglo Américan, qui est entré à hauteur de 20 % dans le capital de la société australienne MBD Energy, dédiée essentiellement à l'exploitation des micro-algues. Cette entreprise est partenaire de la JCU dont elle finance une bonne partie des travaux sur le sujet.
«Nous ne devons jamais perdre de vue les questions liées à la biosécurité», dit Larry Sirmans, directeur technique de la société australienne MBD. «Nous ne devons jamais perdre de vue les questions liées à la biosécurité», dit Larry Sirmans, directeur technique de la société australienne MBD.
Sur le campus de Townsville, l'activité des chercheurs est du reste évaluée par Larry Sirmans, le directeur Technique de MBD. Physique d'aventurier, la petite quarantaine, ce personnage rond et jovial est un ancien militaire américain, blessé et mutilé (il lui manque un pouce) au début de la première Guerre du Golfe en 1991. Il aime se présenter comme un spécialiste des unusual energies, des énergies «inhabituelles». Les micro-algues ont selon lui un véritable avenir. «C'est le moyen le plus performant pour valoriser les émissions de CO2 et donc de lutter contre l'effet de serre», dit-il, fasciné par leur capacité à «manger du carbone». Leur faculté à produire de l'énergie, voire des aliments ne semble que secondaire à ses yeux. Larry tempère malgré tout son enthousiasme au regard des risques que les cultures intensives de micro-algues peuvent faire peser sur la biosécurité. «Créer et ensuite diffuser des espèces dangereuses pour les environnements locaux, comme nous l'avons fait avec certains batraciens et même quelques algues marines, serait un vrai drame», s'inquiète-t-il.
Le Pr Kirsten Heimann, de la James Cook University, à Townsville, en Australie. «Les micro-algues seront-elles à la haute technologie ce que le micro-ordinateur a représenté pour l'informatique?» Le Pr Kirsten Heimann, de la James Cook University, à Townsville, en Australie. «Les micro-algues seront-elles à la haute technologie ce que le micro-ordinateur a représenté pour l'informatique?»
 
On sent en revanche chez le Pr Kirsten Heimann, chercheur d'origine allemande et principal responsable du département micro-algues de la JCU, beaucoup moins d'appréhension. L'importance et la nature du défi scientifique que les micro-algues représentent pour elle valent bien quelques prises de risques. «La culture du phytoplancton constituera l'un des principaux enjeux des hautes technologies de ce début du XXIe siècle», pronostique-t-elle. Les algues succédant à la micro-informatique et à Internet? Un certain Bill Gates a discrètement investi quelques millions de dollars dans Sapphire Energy, entreprise spécialisée dans des carburants «verts» à base d'algues.

Riggs Eckelberry, OriginOil, préside une start up sise à Los Angeles. «Les algues ont participé à la création du monde en purifiant notre atmosphère, assurant à l'homme ses conditions d'existence», rappelle-t-il. Riggs Eckelberry, OriginOil, préside une start up sise à Los Angeles. «Les algues ont participé à la création du monde en purifiant notre atmosphère, assurant à l'homme ses conditions d'existence», rappelle-t-il.
 
Le petit monde des micro-algues offre il est vrai de frappantes similitudes avec la Silicon Valley de la fin des années 1980. On y rencontre pas mal venture capitalist à l'affût de profits rapides et de créateurs de start up impatients de mettre en bourse leur société pour la revendre avec un bénéfice en forme de retraite dorée. Et aussi des pionniers, mi-hommes de sciences, mi-hommes d'affaires, tel Riggs Eckelberry. Ce géant de près de deux mètres à l'optimisme inépuisable préside OriginOil, une «jeune pousse» sise à Los Angeles spécialisée dans la technologie de pointe des micro-algues, dont il a une vision presque mystique. «Elles ont participé à la création du monde en purifiant notre atmosphère, assurant à l'homme ses conditions d'existence» dit-il, «elles n'ont pas fini de lui rendre service». «Elles ont permis, voilà 600 millions d'années, de constituer les réserves d'énergie fossile que nous extrayons depuis», renchérit Pierre Tauzinat, président d'Ennsesys et représentant français d'OriginOil.
Féroce traque du CO2
La gourmandise de ces micro-organismes marins pour les nutriments leur ouvre une voie inattendue: une incroyable possibilité de traitement des eaux usées de l'habitat en agissant comme une super-fosse sceptique. Avec, à nouveau, l'imparable argument écologique de la réduction du gaz à effet de serre. «Les bâtiments représentent 44 % de l'énergie consommée en France et 25 % des rejets de CO2», souligne Pierre Tauzinat, récemment chargé pour Bouygues de deux importantes missions d'études en Ile-de-France.
Mais la plus féroce traque du CO2 se déroule néanmoins dans le ciel plus que sur la terre. Les énormes quantités de CO2 produites par les réacteurs des avions commerciaux représente une chance pour l'«algokérosène». Là encore, les micro-algues offre d'incroyables avantages. Le carburant issu de ces petits organismes possède en effet un double avantage technique par rapport aux autres biocarburants issus du monde végétal: un, il est miscible sans difficulté avec le carburéacteur traditionnel d'origine fossile, deux, il ne gèle pas à haute altitude. Les propulseurs du prototype de l'avion-fusée volant à 5 000 km/h dévoilé en juin dernier par EADS au salon du Bourget devraient pour partie fonctionner avec un jetfuel extraits de micro-algues. Associé avec Peugeot, EADS teste depuis plusieurs mois ce t incroyable biocarburant .
Plusieurs obstacles restent toutefois à franchir avant que les micro-algues investissent nos réservoirs d'essence et les canalisations de nos immeubles. Le premier d'entre eux est tout simplement le coût du pétrole sur le long terme.
Une tendance à la baisse n'incitera guère à l'investissement dans une recherche gourmande en capitaux. Et avant de pouvoir produire de grandes quantités d'énergies issue du phytoplancton, et à un prix le plus faible possible, il faudra s'assurer de la fiabilité et de la constance des performances de ces mystérieux micro-organismes. «Aucun de ces obstacles n'est infranchissable», estime le Pr Heimann. «Comme pour l'ordinateur, l'investissement sera largement remboursé, par la large diffusion des applications issues des micro-algues». «Nous sommes encore loin de maîtriser l'ensemble des procédés d'exploitation. Et il ne s'agit pas non plus de créer une énergie qui exige plus de moyens, ou d'énergie, qu'elle n'en délivre», relativise pour sa part le Pr Jack Legrand, l'un des experts tricolores des technologies appliquées aux micro-algues.
Plusieurs projets d'envergure ont cependant été mis en œuvre. Bio Fuel System (BFS) produit de l'algocarburant à Alicante, et MBD a récemment ouvert une usine à Tarong, en Australie. Cultivées dans d'énormes poches, des champs de micro-algues profitent là-bas du soleil et des tonnes de rejets de CO2 dégagés à proximité par une centrale électrique fonctionnant au charbon.
Les futures taxes sur le CO2 favoriseront sans aucun doute le développement de l'industrie des micro-algues. Mais les multiples possibilités d'exploitation qu'elles offrent les placent au-delà du strict cadre écologique. Et elles n'encourront jamais le reproche d'être des «carburants de la faim» provenant de cultures vivrières entrant en concurrence avec l'alimentation humaine.

  La production de biocarburants en mer pourrait résoudre de nombreux problèmes posés par les biocarburants conventionnels.

 bioenergie-promotion.fr

 Mémoire  : Microalgues pour biocarburants de 3e génération

Les biocarburants de 3e génération à base de microalgues ou algocarburants sont prometteurs et présentent de nombreux avantages par rapport aux biocarburants issus de plantes terrestres. Toutefois, avant que la production de microalgues puisse jouer un rôle compétitif dans l’industrie des combustibles, la recherche scientifique doit être poursuivie afin de lever les verrous techniques et économiques qui handicapent leur développement. De plus, des démonstrations à grande échelle doivent être réalisées pour prouver le potentiel de cette industrie de la microalgue.

Cependant, les biocarburants, toutes générations confondues, ne seront pas en mesure de satisfaire la totalité de la demande en carburants de façon équivalente aux tonnages de combustibles fossiles produits. L'une des solutions possibles est alors la symbiose de technologie : cette méthode, déjà opérationnelle, permet d’améliorer le bilan environnemental.
Par exemple, en 2009, la start-up américaine Sapphire Energy a mis au point l’Algaeus, une Prius hybride roulant à l’électricité et à l’algocarburant. La voiture a fait un circuit de démonstration de 6000 km, de San Francisco à New York. La même année, un Boeing 737-800 de Continental Airlines a effectué un vol d'essai de 90 minutes de Houston vers le Golfe du Mexique et la Louisiane avec dans ses réservoirs 50% de kérosène et 50% d'un mélange de biocarburants jatropha et algues.

 L’Algogroup publie son étude sur l’avenir de la filière des algocarburants...

d'autres recherches en cours : Capter l’énergie solaire avec des algues

Recherche : capter l’énergie solaire avec des



Biomasse, biogaz, biocarburants… Le petit monde des cleantechs leur fait les yeux doux. Naguère ignorées voire redoutées, les algues représentent désormais un gisement inespéré d’éco-innovations. Dernier exemple en date : les travaux d’une équipe de l’université de Stanford qui annonce avoir mis au point une méthode pour produire de l’électricité à partir de Chlamydomonas, un genre d’algues vertes. Présenté dans le numéro de mars de la revue Nano Letters, le procédé repose sur la conversion de la lumière solaire en énergie chimique par les chloroplastes de l’algue lors de la photosynthèse. Une puissance que l’équipe de Stanford a réussi à exploiter en implantant des électrodes en or à l’intérieur des chloroplastes. « Nous pensons être les premiers à extraire des électrons des cellules d’une plante en vie » se félicite WonHyoung Ryu, l’un des responsables des recherches cité par TheHindu. Une première qui a valu au projet de recevoir le financement du « Global Climate and Energy Project » de l’université de Stanford et du fonds de recherche de l’université Yonsei (Corée du Sud).
Chlamydomonas (×10 000) observées en microscopie électronique à balayage
Chlamydomonas (×10 000) observées en microscopie électronique à balayage
Une production électrique encore très faible
Annonciatrice d’une éventuelle future technologie de production de bioélectricité à base d’algues, la découverte des scientifiques californiens n’en est qu’à ses balbutiements. Chaque cellule « équipée » ne produirait pour l’instant qu’une puissance d’un pico-ampère [1]. Une valeur extrêmement faible que les chercheurs espèrent faire monter en flèche dans les prochaines années. Selon eux, l’efficacité de leur méthode serait actuellement de seulement 20%. La marge de progression est donc importante même si rien ne garantit que l’expérience embryonnaire de Stanford pourra passer le cap de la production d’énergie à grande échelle. Dans un communiqué de l’université de Stanford, WonHyoung Ryu précise ainsi que son procédé entraîne pour l’instant la mort des cellules « exploitées » après une petite heure. Un souci majeur que les chercheurs devront régler s’ils souhaitent passer des pages abscondes des revues scientifiques aux « Unes » des grands magazines internationaux.
[1] 10−12 ampère
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mardi 4 juin 2013

Bientôt des algues sur les toits pour produire de l’énergie

Recycler les eaux usées d’un bâtiment pour faire pousser des algues puis produire de l’électricité et de la chaleur : c’est ce que propose la jeune société Ennesys, avec un système automatisé, qui a remporté un prix européen. En octobre prochain, une première installation sera mise en place à la Défense, près de Paris. Comment ça marche ? Les créateurs de l’innovation l’expliquent à Futura-Sciences.
Des aquariums, installés sur les toits et les façades, peuvent rendre un bâtiment autosuffisant en énergie et même recycler l’eau. Le principe est simple : conduire des eaux usées (celle des toilettes, par exemple) dans un bassin où croissent des algues unicellulaires, qui se serviront de la matière organique comme nutriments. Ce bloom (amas gluant) est valorisable de plusieurs manières. De cette biomasse, on peut extraire de l’huile et en faire un biocarburant. La biomasse elle-même peut être brûlée dans une chaudière. Une troisième voie pourrait être la production d’hydrogène, grâce à une électrolyse de l’eau réalisée avec l’aide des réactions chimiques de la photosynthèse.
« Ces idées ne sont pas nouvelles, explique Pierre Tauzinat, président d’Ennesys, l’entreprise créée en 2010, qui va exploiter ce principe. Nous, nous sommes des intégrateurs. Ce que nous proposons est un système pour à la fois réduire les besoins en eau et en énergie. Avec des bassins placés sur les toits ou sur les façades, nous savons produire 120 kWH/m2/an. Pour les bâtiments, c’est une solution pour répondre aux exigences de la future norme RT 2020. » Cette Réglementation thermique 2020, qui remplacera la RT 2012, imposera à cette date que tous les nouveaux bâtiments aient un bilan d'énergie positif, c'est-à-dire qu'ils doivent produire au moins autant d’énergie qu’ils en consomment. De plus, pour le circuit d’eau, deux réseaux devront être réalisés, l’un étant réservé à l’eau potable et l'autre pour les eaux grises (destinées aux toilettes, à l'arrosage ou au nettoyage des voiries). Dès aujourd’hui, les professionnels du BTP réfléchissent à la façon de procéder. Un autre domaine pourrait être intéressé par cette technique : celui des centres d’enfouissements. Pierre Tauzinat affirme qu’un traitement par les algues peut réduire considérablement la quantité de lixiviat (le liquide résultant du pourrissement des déchets enfouis), dans la proportion de « 1 cm3 pour 1 m3 ».
Une vision d'artiste d'un bâtiment entièrement équipé du dispositif d'Ennesys, y compris sur les façades. Mais l'intégration de ces systèmes, composés d'algues, pourra prendre de nombreuses formes. « Il y a beaucoup de solutions d'architecture pour rendre les photobioréacteurs visibles ou pas », rapporte Christine Grimault d'Ennesys.
Une vision d'artiste d'un bâtiment entièrement équipé du dispositif d'Ennesys, y compris sur les façades. Mais l'intégration de ces systèmes, composés d'algues, pourra prendre de nombreuses formes. « Il y a beaucoup de solutions d'architecture pour rendre les photobioréacteurs visibles ou pas », rapporte Christine Grimault d'Ennesys. © Ennesys
Des espèces d'algues endogènes
Pour l’instant, le système fonctionne au laboratoire et il reste à réaliser un démonstrateur. Ce sera fait en octobre avec un bâtiment équipé à la Défense, près de Paris. Le système est automatisé, avec des bacs à parois transparentes (les photobioréacteurs) où se trouvent les microalgues et dans lesquels sont dirigées les eaux usées. Les algues unicellulaires sont choisies en fonction du climat local. « Nous jouons avec 5 ou 6 espèces, pour optimiser le rendement, explique Jean-Louis Kindler, le directeur scientifique. Dans un même lieu, sous nos latitudes, nous en utiliserons une l’hiver et une autre l’été. »
Avec cet apport nutritif, la biomasse algale double entre 24 et 48 heures. Des appareils automatiques déterminent la concentration en algues, le pH et d’autres indicateurs. Lorsque la population atteint la limite prévue, 25 à 30 % du bassin est prélevé et un volume égal d’eaux usées y est injecté. Un système de « flottation », à microbulles, sépare les algues de l’eau par un procédé venu des États-Unis et mis au point par OriginOil. Cette eau, qui a la qualité « eau de pluie », peut être réutilisée dans le circuit d’eau grise.
Production possible de carburant, d'électricité et de chaleur
Les algues sont ensuite traitées, pour deux utilisations possibles : la fabrication d’huile et la récupération de la biomasse elle-même. L’huile peut servir de carburant à une génératrice à moteur diesel qui produira de l’électricité et de la chaleur. La biomasse peut elle aussi être utilisée pour fabriquer un carburant, type essence ou gasoil. « Dans les installations importantes, on peut brûler cette biomasse pour alimenter des petites turbines à vapeur pour produire de l’électricité, ajoute Jean-Louis Kindler. Dans ce cas, on peut aussi se servir de la température élevée de l’eau pour faire du froid avec une pompe à chaleur. Et sous nos latitudes, dans un bâtiment bien isolé, on a surtout besoin de froid. » D’après ce responsable, une telle installation peut produire 2 MW avec 15.000 m2 de façades équipées, ce qui permet de subvenir aux besoins d’un bâtiment professionnel de 50.000 m2. Le tout nécessite, en plus des photobioréacteurs, un local technique de 150 à 300 m2 selon la taille du bâtiment.
Pour Ennesys, pas de doute, cette solution est plus avantageuse que les panneaux photovoltaïques. « Nous n’avons pas besoin de soleil mais seulement de lumière », résume Pierre Tauzinat, pour expliquer que les bioréacteurs ne doivent pas être précisément orientés. De plus, le système produit aussi du carburant utilisable sur place et fournit une eau propre, directement réutilisable. Récompensé en 2011 par le prix KIC Climat de l’IET (Institut européen d'innovation et de technologie), le système cherchera à faire ses preuves dans le démonstrateur de la Défense. Quoi qu’il advienne, l’apparition d’une telle technologie illustre bien les évolutions radicales que va vivre le secteur du bâtiment dans les années à venir…


La maison écologique

exemple de maison écologique, des idées pour des murs en paille, en torchis, en bois cordé, des toitures végétales.

 

Ils ont réalisé un petit bâtiment écologique, efficace et soigneusement conçu, qui intègre et permet de comparer une grande diversité de matériaux et de techniques de construction.
Le but des auteurs est de vous prendre par le bras et de vous emmener sur leur chantier pour vous apprendre comment utiliser tout un ensemble d'alternatives aux techniques de construction conventionnelles, le tout étant intégré dans une unique petite structure.

© Clarke Snell - Tous droits réservés
Ils vous présentent chaque matériau comme un élément d'une conception soignée et réfléchie qui intégre l'environnement, nos besoins spécifiques et une combinaison de matériaux de construction trouvé sur le site, disponibles localement ou achetés en magasin, une conception visant à réaliser un bâtiment de charme, fonctionnel, écoénergétique et durable.
N'oubliez pas de découvrir leur livre en dernier page de ce dossier.
Sommaire
  1. La maison écologique
  2. Qu'est-ce qu'une maison bio ?
  3. Le torchis est-il écologique ?
  4. Le bois cordé est-il écologique
  5. La construction en bottes de paille est-elle écologique ?
  6. L’ossature bois est-elle écologique ?
  7. Vidéo : Les toits végétaux sont-ils écologiques ?
  8. Pour en savoir plus : Manuel de construction écologique

lundi 28 janvier 2013

Heureusement qu’ils défendent la neutralité du net….



Le 15 Janvier dernier se tenait une Xième rencontre, un Xième débat, une Nième table ronde sur la neutralité du Net.


Vous me direz : Encore ? Mais pourquoi ? Ça sert à quoi ? Et je vous répondrai : Oui. Pour faire genre. A rien. Suite et retour sur une histoire sale, racontée par des gens qui n'y comprennent rien, pour le compte de gens qui y gagnent beaucoup. Comme détaillé ici, une belle commission nommée Conseil National du Numérique voyait le jour début 2012 sous impulsion Sarkozyenne après plus de 15 ans d'errance et de propositions plus ou moins moisie morte dans l'oeuf. Le but ?

Guider l'Internet français vers un monde meilleur et [officiellement] chasser les pirates et les pédonazis-terroristes quand il s'agissait [officieusement] de contrôler pour votre bien ce qui se passe sur le réseau. Heureusement, le PS est passé par là et maintenant, la Neutralité du Net sera défendue, inscrite noir sur blanc dans la loi par des gens qui en comprennent les mécanismes et la portée, les anciennes institutions seront démantelées et nous pourrons tous nous faire des bisous. C'était sur et certain vu qu'Hollande s'était engagé [ici] auprès Conseil National du Logiciel Libre à protéger la neutralité du net.
Bon, après on a vu Pierre Lescure, administrateur de la multinationale Kudelski aux côté de Laurent Dassault, se faire parachuter à la tête d'une "concertation" sur HADOPI pas supprimée du tout pour le coup [mais au contraire défendue] et on s'est dit que ça s'annonçait quand même mal cette histoire. Et puis Fleur Pellerin [larguée comme une bombe sale à la tête du Ministère des PME, de l'Innovation et de l'Économie Numérique] nous a déclaré en Juillet 2012 : "La neutralité du net est un concept américain qui a tendance à favoriser les intérêts économiques de Google, Apple et consorts." - [ici] Et là on a compris que (1) elle n'y comprenait strictement rien [comme Christine Albanel et le firewall OpenOffice]et (2) qu'en fait on l'avait dans l'os.

La neutralité du réseau c'est quoi ? La neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe qui garantit l'égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Ce principe exclut ainsi toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information transmise sur le réseau. - [ici] Et ça ne va pas plus loin. Les seules entorses qui doivent être admises sont soit d'ordre technique [résolution d'incident par exemple] ou législative [bloquer une donnée pouvant directement ou non porter atteinte à autrui] dans le respect des libertés fondamentales. Ces entorses doivent être (1) en accord avec les deux principes cités juste au dessus, (2) temporaires et (3) transparentes. Pourquoi est-ce que ça doit être défendu ? Premièrement, parce qu'un réseau neutre est la meilleure garantie d'innovation technologique que nous ayons. La communication étant égalitaire, chacun peu diffuser sans restriction nouveaux services et nouvelles technos que cela aille, ou non, dans le sens de ceux qui tiennent et font [même indirectement] le réseau. On pense à Skype, aux protocoles i2P, Tor, FreeNet, ou nos amis des logiciels libre....on pense surtout à l'Internet lui-même évoluant et se construisant, via ses groupes de travail (IETF, ISOC....), dans un "monde" libre et collaboratif. Toutes ces améliorations, toutes ces créations n'ont été rendues possible que parce qu'elles pouvaient être communiquées, diffusées et travaillées en toute liberté et quels que soient ceux qui auraient aimé que tout ça ne voit pas le jour [gouvernements ou firmes]. Deuxièmement parce que certains opérateurs, comme Orange, se mettent dangereusement à faire autre chose que du télécom en proposant en même temps la donnée et le moyen d'y accéder. On imagine sans peine le conflit d’intérêt et la tentation que certains pourraient avoir à se mettre à prioriser leur service plutôt que celui du concurrent.
Que diriez vous si Orange se mettait à interdire l'accès à Youtube à tous ceux passant par son réseau et n'y laissait que Dailymotion ?
Ou inversement si Microsoft rachetait un opérateur et interdisait à tout ses abonné l'accès à Google ? Enfin, et c'est le point le plus important, la neutralité du réseau est la garante de la "démocratie" et des libertés qui y sont généralement attachées.
Si le réseau n'est plus neutre, alors c'est qu'on peut le contrôler. Si on peut le contrôler, c'est qu'on peut le filtrer. Si on peut le filtrer, c'est qu'on peut y lire toute les communications qui y transite et décider si elles sont valables ou non...un peu comme si toutes les lettres qui passent par la poste étaient ouvertes et soumises à validation par un service de censure. Vous comprenez maintenant pour quoi la neutralité des réseaux doit être défendue par tous les moyens. Ben oui mais aujourd'hui, on en est où ? Ça dépend, mais en France en tous cas, on en est toujours à essayer de grignoter le Net pour les mêmes raisons : la thune et les vilains pirates..donc encore des thunes. Rassurez-vous, notre réseau n'est pas encore celui de Corée du Nord mais, quand on attendait de ce gouvernement un poil plus de crédibilité et de courage on se retrouve avec une Ministre [et plus généralement un gouvernement] qui décide encore de repousser l'inscription de la neutralité dans la loi française sous 10.000 prétextes, après nous avoir clairement fait comprendre que ladite neutralité c'était bien seulement si ça nous rapportait du pognon.
Chronologiquement, le président du CSA déclarait en Avril 2012 : "La seconde condition pour un tel rapprochement [entre ARCEP et CSA] est qu’il garantisse la suprématie des contenus par rapport aux tuyaux. Ce qui compte dans notre pays, c’est ce que l’on fait circuler dans les réseaux." - [ici] Et le gouvernement nous annonçait officiellement [ici] en Aout 2012 sa volonté de faire fusionner les deux entité...certains parlaient ensuite [là] de faire fusionner ARCEP, CSA, ANFR et HADOPI. Pas grand monde ne semble tiquer sur le fait que si ceci voit le jour, le nouveau monstre aurait le contrôle des tuyaux [via l'ARCEP] et du contenu [via le CSA].

 En gros, les opérateurs devraient être forcés de filtrer toutes les données passant dans leur tuyaux cassant purement et simplement le principe du réseau neutre tout en les faisant sortir de leur rôle de transporteur pour les rendre partie prenante dans un système d'écoute institutionnalisé...quand c'est généralement l'apanage des grandes firmes telles que Bull ou de pays sympas comme la Chine.

De fait, Fleur me fait doucement rigoler quand elle balance au même moment : "Nous sommes opposés à la surveillance généralisée et au filtrage." - [ici] Aujourd'hui que se repose inutilement une 36ème fois la question de faire entrer ce principe dans la loi que fait notre Fleur nationale ? Rien. Mais elle le fait bien : Fleur, qui a décidé de prendre une décision nette, va demander consultation à une comission [le CNN] qui décidera plus tard [rendez-vous donné en février 2012] si il y aurait discussion ou pas en vue d'une loi. Tout est là : c'est beau. Alors que fait la France, pays des Lumières, des Droits de l'Homme, du Minitel et de Mme Michu alors que le parlement Européen a bien adopté une résolution en ce sens ?

 Rien. Comme d'habitude...sauf, comme le relevait en premier Reflets en février 2011, vendre des systèmes de contrôle et d'écoute des réseaux à des dictatures notoires comme la Syrie ou la Lybie en son temps.

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