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mercredi 21 septembre 2016

Le réacteur au thorium le retour d'une nouvelle impasse du nucléaire

Suite à la diffusion du documentaire : Thorium la face gâchée du nucléaire sur ARTE 

Selon le résumé de ce documentaire, intitulé Thorium la face cachée du nucléaire, « nos centrales fonctionneraient sans doute aujourd’hui avec des réacteurs à sels fondus de thorium. Tchernobyl et Fukushima seraient peut-être restés des points anonymes sur la carte du monde. La surexploitation de l’énergie fossile aurait probablement cessé beaucoup plus tôt, et le changement climatique se révélerait moins alarmant qu’il ne l’est aujourd’hui », peut-on lire.
Et si la France est connue pour bien rester sur ces positions quant à l’utilisation de l’atome, certains pays comme la Chine ont déjà pris les devants. Le pays vient ainsi de prendre la décision d’investir plus de 350 millions de dollars dans la recherche d’énergies alternatives fonctionnant au Thorium. Même le multimilliardaire Bill Gates a débloqué des fonds pour la recherche.

Ce documentaire beaucoup trop optimiste et ne donnant pas la parole au antinucléaire, m'a paru plus
proche d'un certains lobbying que d'une démonstration objective !

- Des millions de dollars pour la fission liquide  
- TerraPower, le réacteur nucléaire miracle de Bill Gates

Le réacteur nucléaire Terrapower, dont le développement est soutenu par Bill Gates, est nouveau à deux titres.
 Il s'agit d'un réacteur qui, une fois en marche, pourrait fonctionner 60 ans sans s'arrêter et sans être rechargé ; et sa conception est issue de la recherche privée.
 Son principe en revanche n'est pas nouveau.

   

 

Nucléaire : entretien avec Philippe Lamberts - ARTE

 



Le réseau sortir du nucléaire est franchement en désaccord avec la solution thorium !

Les mirages du nucléaire du futur

Génération IV, réacteurs au Thorium, transmutation des déchets, surgénérateur Astrid... Les lobbys et scientifiques proches de l’industrie nucléaire ne manquent pas de mots ni d’idées pour essayer de nous convaincre que la filière a encore un avenir grâce à des promesses et concepts technologiques "miraculeux".
Tous ces projets chimériques sont pourtant encore très loin d’avoir dépassé le stade du prototype et les résultats escomptés ne sont pas toujours au rendez-vous, certains de ces projets pourraient même être encore plus dangereux et générateurs de déchets que les centrales actuellement en exploitation...

Le réacteur au thorium : une nouvelle impasse


Après l’EPR, l’ITER… le réacteur au thorium ! Depuis les années 1950, études et expérimentations de réacteurs au thorium ont été menées. Est actuellement étudiée sa faisabilité notamment en Chine et en Inde, mais aussi au Japon, en Norvège, aux États-Unis, en France.



Les Chinois travaillent actuellement sur le réacteur à neutrons lents. Ils projettent d’étudier plus tard celui à neutrons rapides, beaucoup plus complexe, étudié actuellement en France.
Les Indiens travaillent sur un réacteur de type Candu alimenté en combustible solide, tandis que les Français étudient le réacteur à combustible liquide. Ne nous ferait-on pas continuellement miroiter de nouveaux réacteurs pour mieux nous faire accepter le nucléaire ? Pour nous faire croire que le nucléaire a encore de l’avenir ? Nous convaincre que sa haute technologie est incontournable pour produire suffisamment d’électricité ? Les promoteurs du réacteur au thorium mettent en avant ses prétendus « immenses avantages » par rapport à nos réacteurs actuels de type REP (Réacteur à Eau Pressurisée) :
 Surgénération de la matière fissile (l’uranium 233) à partir du thorium, aux ressources abondantes ;
 Sûreté, facilitée par l’état liquide du combustible. En cas d’urgence, le combustible s’écoulerait dans un réservoir de vidange immergé dans un bassin d’eau ;
 Moindre risque de prolifération nucléaire ;
 Flexibilité – L’état liquide du combustible permet une grande réactivité du réacteur, dont la puissance pourrait varier de près de 50 % en 10 minutes ;
 Production réduite d’actinides mineurs, et un retraitement sur le site même.
La supériorité du réacteur au thorium sur les réacteurs actuels semble importante. Toutefois, un appareil peut avoir des avantages sur un autre, mais présenter des défauts majeurs. Étudions de plus près cette promesse de réacteur miracle…

D’abord, quid du thorium ? Où le trouve-t-on ?



Galet de Thorium purifié
Le thorium, ou thorium 232 [1], est un métal lourd radioactif qui appartient à la même famille chimique (actinides) que l’uranium et le plutonium. Souvent associé aux terres rares, utilisées dans les nouvelles technologies, il est présent en petites quantités dans la plupart des roches. Il est principalement extrait du minerai de monazite. Ses ressources, estimées trois fois plus abondantes que celles de l’uranium, sont assez bien réparties sur la planète, en particulier en Turquie, Inde, Chine, Brésil, États-Unis, Canada, Australie, Afrique du Sud, Norvège. En France, 8500 tonnes de thorium [2] sont stockées, et il y a des gisements en Bretagne.
Mais l’abondance d’une matière ne justifie en rien son utilisation. Doit-on continuer à produire de l’électricité avec du charbon ?

Le thorium, joint à ses descendants, présente une forte radiotoxicité

Radioactif, de période [3] 14 milliards d’années, le thorium se désintègre très lentement en émettant des particules alpha [4]. Si elles ne sont pas dangereuses au contact de la peau, elles le sont à l’intérieur du corps, après avoir été avalées ou inhalées.
Thorium et uranium – L’inhalation de thorium est beaucoup plus dangereuse que celle d’uranium naturel, pour la même quantité de radioactivité ou à poids égal. [5]
Thorium et plutonium – Le thorium, joint aux descendants de sa chaîne radioactive, est trois plus radiotoxique que le plutonium. [6]

Quel est l’intérêt du thorium pour la production électrique ?

Seul, le thorium n’est pas un combustible. L’intérêt est de le transformer en uranium 233. Pour cela, il doit être bombardé de neutrons. Par capture de neutrons, le thorium 232 se transforme après plusieurs étapes en uranium 233, qui est un élément fissile [7] performant, ce qui facilite les réactions en chaîne.
L’uranium 233 [8] n’existe pas à l’état naturel, il ne peut que se former dans un réacteur.
Schématiquement :

L’uranium 232, très dangereux produit secondaire de l’uranium 233

L’uranium 233 produit toujours de l’uranium 232 (période : 70 ans). En se désintégrant, ce dernier génère des éléments qui émettent des rayons gamma très intenses (thallium 208 : 2,6 MeV). Une seule petite particule d’uranium 232 dans un poumon excède la dose limite réglementaire. [9]
Les présences d’uranium 232 et de ses descendants dans l’uranium 233 rendraient nécessaire l’utilisation de chaînes blindées et robotisées dans toutes manipulations. [10]

La filière thorium n’empêcherait pas la prolifération nucléaire

Démarrer et entretenir les réactions nucléaires avec le thorium, nécessite une quantité suffisante de matière fissile : uranium 233, uranium 235 et/ou plutonium 239. Tous trois peuvent servir à fabriquer des bombes. L’uranium 233, qui serait produit (surgénération, cf. infra) et stocké, est aussi efficace pour cela que le plutonium. La présence d’uranium 232 limite la possibilité d’utiliser l’uranium 233 pour fabriquer une bombe, sans l’empêcher totalement : « En principe, la séparation est réalisable, surtout si la sécurité de l’opérateur n’est pas une préoccupation première » affirme l’ingénieur nucléaire Arjun Makhijani. [11]
Quant au thorium, qui se transforme en matière fissile par capture de neutrons, il est l’une des matières visées par le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Le thorium est sans intérêt pour nos réacteurs actuels

Le fait que le thorium soit utilisable dans différents types de réacteurs, ne signifie pas qu’il soit avantageux pour autant de s’en servir. Son utilisation dans nos réacteurs actuels (REP) [12] est possible mais n’a pas d’intérêt. On resterait avec les déchets, les dangers et les coûts élevés de ce type de réacteur. De plus, la présence de l’uranium 232 et de ses descendants aux radiations très énergétiques, rendrait le combustible usé encore plus dangereux, et impossible à retraiter avec les procédés utilisés à La Hague.

Quid du réacteur au thorium, le réacteur à sels fondus (RSF) ?




Schéma d’un réacteur à sels fondus (US Department of Energy)
Le réacteur à sels fondus (RSF) serait « la voie la plus prometteuse » comme réacteur au thorium. Dans ce type de réacteur, le combustible est liquide. Ce sont des sels fondus de fluorures [13] de thorium 232 et uranium 233 (22,5%) et de lithium (77,5%).
Le RSF contient 18 m³ de sels, dont moitié dans le cœur et moitié dans le circuit extérieur (échangeurs de chaleur, tuyauteries, pompes). Malgré leur poids important, une trentaine de tonnes, les sels circulent (pompes) très rapidement et en permanence, faisant le tour du circuit primaire en moins de 4 secondes (problèmes d’abrasion des matériaux). Si le circuit primaire est à pression atmosphérique (REP : 155 bars), en revanche la température est élevée, autour des 700°C (REP : l’eau sort de la cuve à 300°C). Le RSF aurait une puissance de 3000 mégawatts thermiques et d’environ 1000 mégawatts électriques (puissance moyenne des réacteurs actuels). [14]
Le RSF est conçu pour être surgénérateur, c’est-à-dire générer plus d’uranium 233 qu’il n’en consomme. Sinon il dépendrait d’autres réacteurs pour lui fournir la matière fissile nécessaire, ce qui n’a pas d’intérêt. La surgénération exige le traitement régulier des sels afin d’en extraire les produits capturant les neutrons (ce sont les produits de fission) car ils font baisser la production d’uranium 233. Le retraitement vise à enlever les produits de fission, réinjecter les actinides mineurs, et extraire l’uranium 233 produit en excès (qui est ensuite stocké).
A d’abord été étudié le RSF à neutrons lents (dit aussi « à spectre thermique »), le graphite servant à modérer la vitesse des neutrons. Il présentait de graves défauts : volume élevé de combustible à retraiter chaque jour, dégradation du graphite, risques d’incendie. [15]
Le CNRS étudie actuellement le RSF à neutrons rapides (dit aussi « à spectre rapide » – en anglais : MSFR, Molten Salt Fast Reactor), sans graphite. Plus complexe que celui à neutrons lents, il pose d’importantes contraintes, notamment sur la résistance des matériaux. Neutrons rapides, caractère corrosif de certains produits de fission (en particulier le tellure), haute température… quelle serait la durée du RSF ?

Le démarrage du RSF : une difficulté majeure

Le RSF est conçu pour produire plus d’uranium 233 qu’il n’en consomme. Encore faut-il pouvoir d’abord le charger en quantité suffisante de cet élément. L’uranium 233 n’existant pas à l’état naturel, les chercheurs proposent diverses solutions pour obtenir les 3,6 tonnes [16] nécessaires au démarrage :
Tapisser le cœur d’un REP d’une couverture de thorium, puis récupérer l’uranium 233 produit. Des dizaines d’années seraient nécessaires pour obtenir la quantité requise au démarrage d’un 1er RSF [17]. Et avec un retraitement de 40 litres de sels par jour (cf. infra), il faudrait 56 ans pour démarrer un 2ème RSF avec l’uranium 233 extrait de ce 1er RSF. [18]
Ou encore démarrer un RSF où le thorium serait transformé par un mix : plutonium et actinides mineurs des REP, mélangés avec de l’uranium 233 ou avec de l’uranium enrichi à 13 %. [19]
Il n’est possible d’utiliser ni le plutonium seul (il en faudrait 13 tonnes, quantité non suffisamment soluble dans les sels), ni l’uranium enrichi seul, qui devrait être trop enrichi (à 25 %). [20]

Le RSF génèrerait d’importants déchets radioactifs

Le RSF génèrerait d’importants déchets radioactifs qu’il faudrait traiter, stocker, surveiller pendant des centaines d’années, des milliers d’années pour certains.
Ce seraient des produits de fission, en natures et quantités similaires à celles des réacteurs actuels. Hautement radioactifs pendant des centaines d’années, ces déchets sont classés dans la catégorie des plus dangereux : HAVL, Haute Activité à Vie Longue. Absorbeurs de neutrons, les produits de fission entravent la formation d’uranium 233, d’où la nécessité de les retirer. Gazeux, ils seraient extraits en continu par bullage d’hélium. Pour les autres qui sont solubles, 40 litres de sels seraient pompés chaque jour, d’où ils seraient extraits.
Les actinides seraient remis dans le cœur sauf 0,1 % qui sortiraient en déchets, n’ayant pu être séparés des produits de fission. Le thorium produit un actinide mineur très radiotoxique, le protactinium 231 (période : 33 000 ans), qui n’existe qu’à l’état de traces dans la nature.
Peu d’actinides mineurs sortiraient en déchets réguliers, mais le circuit primaire en contiendrait une forte quantité.
Petit calcul… Un RSF d’une puissance de 1000 MWe requerrait une charge initiale d’environ 3,6 tonnes d’uranium 233 et 26 tonnes de thorium. En fonctionnement, à l’équilibre, il y aurait près d’1 % d’actinides mineurs [21], soit environ 300 kg. À comparer avec les 960 kg d’actinides mineurs compris dans les combustibles usés déchargés des REP chaque année, soit 17 kg par REP (960/58).
La présence d’uranium 233 implique celle d’uranium 232 et de ses descendants (cf. supra). D’autres éléments se forment également. Le thorium n’est pas fissile, mais fissible, il peut fissionner sous un flux de neutrons rapides et générer des produits à période radioactive longue, comme le technétium 99 [22] de période 215 000 ans.
Il est avancé que le RSF nous débarrasserait des déchets nucléaires les plus difficiles à gérer. Mais une grande partie de ceux déjà produits sont vitrifiés et ne sont pas extractibles. En revanche, le RSF créerait des déchets radioactifs supplémentaires.
De plus, la surgénération n’est possible qu’avec l’uranium et le thorium. Si le RSF était alimenté avec du plutonium ou d’autres actinides produits par le REF, il ne pourrait plus être surgénérateur. [23]

Sûreté ?

En cas d’urgence, les sels s’écouleraient dans un réservoir… et après ? Le problème reste entier. Que fait-on de tous ces produits hautement radioactifs ? Comment en évacuer continûment et sûrement la chaleur ? Et si le réservoir est endommagé ? Le cœur peut aussi être endommagé, le combustible ne pas s’écouler…
En 2015, la commission européenne a alloué plus de 3 millions d’euros (pour 4 ans) au programme SAMOFAR (Safety Assessment of a Molten Fast Reactor) d’évaluation de la sûreté du RSF. [24]

Un réacteur surfait, qui n’est encore qu’un concept théorique

Ce n’est que depuis 2008 que le RSF à neutrons rapides fait partie des 6 systèmes retenus par le Forum International Génération IV. Étudié au Laboratoire de Physique Subatomique de Grenoble, ce type de réacteur « n’existe aujourd’hui qu’à l’état de concept théorique » [25]. Les récentes publications du CNRS [26] l’attestent. Aucun réacteur de démonstration de ce type, même de faible puissance, n’a encore fonctionné. Sont ressassées les qualités de ce réacteur… mais technologiquement, le RSF est-il faisable ? Dans quel délai ? À quel coût ?
Délai – « en partant du principe que la décision de passer au cycle thorium est prise vers 2040 – hypothèse prenant en compte la durée de vie des réacteurs actuels – le MSFR (RSF à neutrons rapides) est introduit à l’échelle industrielle en 2070 » estime Daniel Heuer [27], directeur de recherche au CNRS.
Coût – « Nous avons l’espoir qu’il soit moins cher qu’un réacteur à eau pressurisée (...) Cela reste à vérifier » poursuit-il [28].
En France, ni EDF-Areva, ni le Commissariat à l’Énergie Atomique ne semblent beaucoup s’y intéresser. Les premiers souhaitent avant tout rentabiliser les infrastructures industrielles de la filière uranium. Le second développe un prototype de surgénérateur au sodium (Astrid, 600 MWe) qui a bénéficié de 650 millions d’euros dans le cadre du grand emprunt national de 2010. Ce réacteur est l’axe prioritaire de recherche et développement. Est juste assurée « une veille technologique » pour le RSF [29], d’où les faibles crédits alloués à son étude.
L’Ademe [30] a publié le 22 octobre 2015 le rapport « Vers un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 » [31]. Il est montré que le scénario 100 % renouvelable est tout à fait réalisable, pour un coût raisonnable. Le RSF ? Le Réacteur où Se Fourvoyer, encore une impasse.
Chantal Bourry

Notes

[1Le noyau de l’atome de thorium 232 est constitué de 90 protons et 142 neutrons.
[26200 tonnes à La Rochelle, provenant du traitement de monazite jusqu’en 1994 par Solvay (ex Rhodia) pour l’extraction de terres rares, et 2300 tonnes à Cadarache, provenant du traitement de minerai urano-thoranite dans les années 60 par le CEA pour l’extraction d’uranium.
[3Période : temps nécessaire pour que la moitié de la masse du thorium se désintègre.
[4Une particule alpha est un noyau d’hélium, composé de deux protons et deux neutrons.
[6Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), publication 61, 1990.
[7Élément fissile : bombardé par des neutrons lents ou rapides, son noyau peut fissionner. Il se divise, éjecte des neutrons, et il y a dégagement d’énergie. Les neutrons éjectés peuvent à leur tour heurter d’autres noyaux… Se produisent ainsi des réactions en chaîne qui émettent beaucoup d’énergie, énergie utilisée pour produire de l’électricité. Dans nos 58 réacteurs, sont utilisées les fissions de l’uranium 235 (aux 2/3), et celles du plutonium 239 (à 1/3).
[8Le noyau de l’atome d’uranium 233 est constitué de 92 protons et 141 neutrons. Faiblement radioactif, l’uranium 233 émet des particules alpha. Sa période est de 160 000 ans.
[12L’oxyde d’uranium enrichi à 4 % en uranium 235 devrait être remplacé par un mélange d’oxyde de thorium et d’oxyde d’uranium enrichi cette fois à 20 %. Cet enrichissement nettement supérieur serait plus coûteux, requerrait beaucoup plus d’uranium naturel, et produirait encore plus d’uranium appauvri.
[13Par action de l’acide fluorhydrique sur un métal (ici thorium ou uranium), on obtient un sel, appelé fluorure.
[21http://lpsc.in2p3.fr/index.php/fr/groupes-de-physique/enjeux-societaux/physique-des-reacteurs/systemes-et-scenarios/rsf-reacteurs-a-sels-fondus/38-activites-scientifiques/physique-des-reacteurs-nucleaires/183-msfr-bibliographie - Article : D. Heuer, E. Merle-Lucotte, M. Allibert, M. Brovchenko, V. Ghetta, P. Rubiolo , “Towards the Thorium Fuel Cycle with Molten Salt Fast Reactors”, Annals of Nuclear Energy 64, 421–429 (2014) (PDF)
[30L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie est un établissement public sous tutelle des ministères de l’Écologie et de la Recherche.

source 

articles sur le sujet :

La dangereuse imposture nucléaire
Combustibles au thorium
- La centrale indémontable
- L’escroquerie nucléaire
- CEA
- film CEAsciences
- sciencepresse.qc.ca
andra


jeudi 10 mars 2016

Sacrée croissance ! Le Pib et la croissance : un modèle économique dépassé au vue des bouleversements climatiques à venir !

 monnaie locale cercle verteux ,en dehors de la spéculation et des crédits usuriers  




« Face à la crise et aux risques écologiques, il faut repenser de fond en comble notre modèle de société fondé sur la croissance. Locales et solidaires, des solutions alternatives existent. Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin témoigne de celles qui vont
– peut-être – orienter notre futur. »
Sacrée croissance from Nardisto on Vimeo.

Vous avez dit croissance ?

Entre les décideurs politiques et une partie de la population réticente à se laisser imposer les doxas libérales, les visions du monde tel qu’il doit être mené semblent irréconciliables. Lorsque les premiers ne jurent que par la croissance, répétant le terme comme une formule incantatoire, les seconds espèrent en d'autres solutions et réfutent le productivisme et la consommation à tout prix. 

 La parole des experts

Six experts internationalement reconnus nous disent pourquoi et comment il faut sortir de la course à la croissance.
- William Rees (Créateur du concept d’« empreinte écologique ») nous explique ce qu’est « Notre empreinte écologique » (Éditions Écosociété,‎ 1999)
- Thomas Greco (Économiste) : pourquoi il faut « réinventer l’argent » (http://reinventingmoney.com/)
- Dominique Meda (Sociologue) : un changement profond s’impose comme la solution la plus raisonnable, en rupture avec « La mystique de la croissance » (Flammarion 2013)
- Andrew Dlugolecki (GIEC) : le regard prospectif d’un spécialiste de l’assurance, qui se revendique « rationnel-pessismiste » (http://therationalpessimist.com/tag/andrew-dlugolecki/)
- Tim Jackson (Économiste) : parce que notre modèle économique se trompe sur la nature humaine, on peut parler sans paradoxe d’une « Prospérité sans croissance » (De Boeck, 2010)
- Nico Paech (Économiste) nous guide « vers une économie post-croissance » (« Vom grünen Wachstumsmythos zur Potstwachstumökonomie », Fischer, 2011)






























Merete : L’énergie est l’affaire de tous 

Si l’île de Samsö est aujourd’hui totalement autonome en énergie, Merete n’y est pas pour rien. Sans avoir jamais milité dans aucun parti, elle est à l’origine d’une coopérative de 200 familles, qui a installé une centrale de chauffage alimentée par la paille des paysans locaux.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Lawrence Perquis.

Magali : Des légumes bios pour sauver la planète

Elle aurait pu rester éducatrice, la terre a été son choix délibéré. C’était plus de travail, mais plus de valeurs, de solidarité, et d’avenir.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Alex Giraud.

Ida : L’agriculture urbaine transforme les gens

 En 2000, elle barrait les routes avec les « piqueteros », révoltée que le peuple fasse les frais de la crise financière argentine. Reléguée dans un bidonville avec sa famille, elle « jette des graines » sur un bout de terrain vague. C’est alors qu’elle est contactée par un ingénieur agronome, employé par la municipalité…
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Sergio Goya.

Heike : Une monnaie au service de l’économie locale 

Aussi souvent que possible, elle paie ses achats en Chiemgauer. La monnaie locale subventionne la crèche parentale fréquentée par ses enfants, mais ce n’est pas tout : en l’utilisant, elle redéfinit ses besoins, et privilégie une certaine éthique.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Lawrence Perquis.

Charlotte : La transition énergétique au quotidien

La thermique du bâtiment aurait pu rester simplement un métier. Elle en a fait une conviction qui se déploie jusque dans les gestes quotidiens.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Edith Roux.


Amy : L'agriculture urbaine transforme les villes

Ex-directrice artistique, elle a tout plaqué pour rejoindre Fresh City Farms, la ferme urbaine coopérative créée par un ancien avocat à la Bourse de New York. Elle a abandonné son train de vie, mais elle y a gagné un « métier d’avenir » : maraîchère.
Les photos de ce portrait vidéo sont l'oeuvre de Josué Bertolino.

 Alessandra : La cuisine locale pour tous

Elle se régale de nourrir les autres, mais sa cuisine n’est pas seulement tournée vers ses hôtes : c’est comme un hommage à la terre et à ses produits.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre d’Edith Roux.

Deki : Le bonheur commence à l’école

Le Bonheur National Brut, ce n’est pas qu’un slogan : depuis qu’elle l’a intégré au programme de ses élèves, la vie de cette directrice d’école a changé. Séances de méditation, apprentissages des savoirs pratiques et de l’hygiène alimentaire doivent faire des enfants les futurs "ambassadeurs du changement "
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Kesang Tshomo et Bumthab Lhendup.

 Pabitra : L’énergie au service du développement

Dans sa ferme non loin des sommets enneigés, elle cuisine au gaz grâce à l’installation d’un digesteur, approvisionné avec le fumier de ses deux buffles. Mais elle s’inquiète : le climat est perturbé, les glaciers reculent, et l’arrosage de ses légumes, de son maïs et de son riz se complique.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Shruti Shrestha.

Otaciana : Une monnaie pour lutter contre la pauvreté

Née dans le bidonville de Palmeiras, dernière d’une famille de onze, elle est aujourd’hui directrice commerciale de la banque locale Palmas. Elle y poursuit l’œuvre de solidarité dont elle a elle-même bénéficié, favorisant l’économie circulaire pour que l’argent des pauvres profite aux pauvres.
Les photos de ce portrait vidéo sont l’œuvre de Celsio Oliveira.

 CLER http://www.cler.org/ Réseau pour la transition énergétique... ( plusieurs videos didactiques, pédagogiques et parfois amusantes. )


source arte future





mercredi 9 mars 2016

les états soumis à la dette, une spirale infernale ?

Une pensée émue pour Bernard Maris assassiné le 7012015, un grand économiste, lucide, humaniste et chaleureux. 

L’annonce par Mario Draghi que la Banque centrale européenne allait racheter des dettes souveraines à hauteur de 1 000 milliards d’euros a fait l’effet d’une bombe. Mais que savons-nous réellement de la dette des États ? Qui sont les coupables ? Qui en profite ? Et qui va payer ? Une captivante enquête politico-financière aux accents de polar.

La dette, une spirale infernale ?

Au lendemain de la victoire de Syriza en Grèce et de l’annonce par la BCE du rachat des dettes souveraines, une captivante enquête politico-financière aux accents de polar sur l'histoire et l'économie de la dette, qui confronte les points de vue européens sur les solutions envisageables à la crise actuelle. 

 L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière de 2007. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre. Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. 
Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncées plus profondément dans la crise. Mais comment est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ? Restructurer la dette ? En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l'anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie. Au contraire d'un plaidoyer "pour ou contre" la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen-Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l'endettement est vieux comme le monde. 
Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s'offrent à l'Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel. Cette passionnante enquête politico-financière éclaire une actualité relancée aujourd'hui par la victoire en Grèce du parti de la gauche radicale Syriza et l'annonce, le 22 janvier, du futur rachat des dettes souveraines par la Banque centrale européenne à hauteur de 1 000 milliards d’euros. Réalisation: Laure Delesalle

ps: Beaucoup d'erreurs dans ce doc : Le choc Nixon ne fut pas parce que les réserves en or de la FED étaient vides à cause de la guerre du Vietnam mais à cause du dilemme de Triffin, des Eurodollars (d'où le Pool de l'or avec Kennedy) en passant par la fin des gains de productivité tayloro-fordistes. Ceux qui rêvent d'un nouveau Bretton Woods se trompent ou alors il devrait être totalement revisité.
C'est très occidental de blamer la libéralisation interne et externe durant les années 70 et 80 (taux de change puis taux d'intérêts), certes elle a amené de nombreuses dérives à cause de ses défauts, mais la libre circulation des capitaux a permis à des pays qui avaient de faibles capacités d'épargne de trouver des investisseurs, ce qui a contribué indéniablement à l'essor de certains pays émergents : allez dire à ceux qui commencent à connaitre le développement que vous refuser ce système car vous : vous êtes déjà riche...
La finance était amené à s'internationaliser, sans dire si c'est bien ou pas mais en restant dans l'explication, car la limitation de la circulation des capitaux sous Bretton Woods par la segmentation et l'activité réduite des marchés financiers/monétaires ne s'accommodait pas avec l'emergence des FMN/FTN et l'explosion des échanges (avec le GATT) durant les 30 glorieuses.

 Le système de Bretton Woods tel qu'il fut était intenable. Ceux qui rêvent d'un nouveau Bretton Woods se trompent ou alors il faudrait qu'il soit complètement revisité.


-- C'est l'histoire d'un charlatant - prétendu médecin - qui arrive dans un village où les gens meurent d'une mystérieuse maladie. Il annonce :'' je suis votre sauveur...'' et commence à administrer un vaccin censé stopper l'hécatombe; et tous les villageois, beaucoup moins inquiets, arborent un large sourire. Seulement voilà, une, deux puis trois semaines passent et les gens continuent de mourir. Ne tenant plus, la population gronde et dit : ''Pourquoi ne chassons-nous pas cet usurpateur ? Oui, mettons le dehors !''. ''Mais, [crient quelques-uns que le pseudo docteur s'est choisi comme infirmiers, aides-soignants, brancardiers et j'en passe qu'il rémunère grassement], il a une blouse blanche de médecin, des outils de médecin, il parle comme médecin; donc on le garde''.
Il en est de même pour les banques qui financent l'État et cette chose qu'on appelle ''La Dette''; un faux problème. Faux problème puisque que, ces banques, prêtant de l'argent qu'elles ne possèdent pas et qu'elles n'ont jamais eu, logiquement ne sont pas des créanciers mais sont au sens propre des escrocs et donc - contrairement à ce que dit ce documentaire (que je noterai seulement 6/10), et contrairement à d'autres citoyens qui jacquot-répètent tout ce qu'on leur fait croire - font qu'aucun français ne leur doit quoi que ce soit. Pourquoi alors rabâcher : '' la dette de français '' ? D'ailleurs, et curieusement, ces banques, à défaut d'être remboursées, ne se satisfont-elles pas des seuls intérêts payés par l'État ? Ben oui ! Et Dieu bénisse ces intérêts, issus nous dit-on : des impôts, de la TVA et autres taxes que des particuliers et des entreprises sans le sou arrivent quand même à payer et on se demande comment. D'après moi, il serait plus juste de dire : ''Dieu bénisse : la Banque de France, ses pavés numériques, son data center, l'électronique, le langage binaire et l'informatique''. Des outils révolutionnaires que tous ceux et celles travaillant dans la fonction publique peuvent remercier puisque c'est grâce à ça qu'ils ont leur salaire garanti. Mais également, des dispositifs qui ont l'air de profiter à toute une corporation de gens corrompus qui fabriquent et abusent de l'argent en veux-tu en voilà (argent virtuel) pour eux-mêmes et leurs complices mais pas pour la population à qui l'on fait avaler le judicieux choix des institutions de ne pas mettre trop d'argent en circulation au prétexte du danger que représente l'inflation. Je suggère d'ailleurs à arté de commander un sujet sur ce thème de l'inflation. Étonnements, questionnements et scandales garantis.

L’annonce par Mario Draghi que la Banque centrale européenne allait racheter des dettes souveraines à hauteur de 1 000 milliards d’euros a fait l’effet d’une bombe. Mais que savons-nous réellement de la dette des États ? Qui sont les coupables ? Qui en profite ? Et qui va payer ? Une captivante enquête politico-financière aux accents de polar.

mercredi 10 février 2016

La trottinette électrique ?

alterbike



La trottinette électrique est une réelle révolution pour la mobilité urbaine. 
La première trottinette au moteur à essence a été créée durant les années 80. 
Depuis, elle a connu une très grande avancée technologique qui lui a permis d'être équipée désormais d'un moteur électrique n’émettant aucun gaz à effet de serre.
Le concept de la trottinette, souvent appelée "patinette", s’agit d’un guidon monté sur une planche à deux ou trois roues, selon les modèles. Aujourd’hui, les trottinettes électriques sont, la plupart du temps, équipées d’un moteur régénérant grâce au frein électrique, ce qui permet une recharge instantanée.

Les avantages d’une trottinette électrique sont nombreux et chacun en tirera des différents suivant son utilisation. Le réel atout de cet engin est avant tout le gain de temps. En effet, dans les grandes villes, les urbains ont de plus en plus de mal à circuler en voiture ce qui les contraints de prendre les transports en commun.

Néanmoins, cette alternative, très prisée, devient également une contrainte. Grâce à la trottinette électrique vous retrouverez votre liberté dans tous vos trajets quotidiens. Votre portefeuille sera également gagnant grâce aux économies que vous ferez en circulant avec celle ci : plus d’assurance hors de prix, plus de révisions coûteuses ou encore de frais annexes. 

La praticité fait également parti des plus que vous apporte cette merveille. En règle générale, le poids d’une trottinette électrique est compris entre 10 et 15kg ce qui vous permet de la transporter de partout. Son rangement est également très simple puisque toutes les trottinettes électriques se plient et deviennent compactes.
Même si la trottinette était dans un premier temps destinée à une cible de jeunes, âgés entre 8 et 16 ans, elle s’est démocratisée auprès des adultes qui l’utilisent de plus en plus pour les trajets quotidiens. C’est pourquoi les fabricants se sont positionnés sur plusieurs gammes différentes allant de la trottinette classique à la trottinette plus élaborée.
Les points qui diffèrent seront tout d’abord en terme de confort : nous le retrouverons davantage sur les modèles adultes. L’utilisation n’étant pas la même chez les jeunes que chez les adultes, les équipements peuvent variés : pièces modulables, freins à disque, panneau solaire, tableau de bord, éclairage etc.

Les prix varient en fonction de la gamme du produit. Sur un produit classique sans moteur nous serons entre 40€ et 150€. Sur un produit, type trottinette électrique, la fourchette de prix peut varier en fonction de la qualité et de l’équipement du produit. Comptez entre 300€ et jusqu’à 1100€ pour une trottinette électrique haut de gamme .
Concernant la réglementation, elle est encore très flou à l’heure actuelle et englobe dans le même sac la trottinette, les rollers et skateboard. Voir la réglementation de la trottinette électrique sur le site service-public.fr.

Pour faire simple partez du principe que vous êtes considérés comme des piétons ce qui vous interdit de rouler sur la route. Les trottoirs seront alors vos seules voies de circulation mais attention, la réglementation veut que vous rouliez à l’allure d’un piéton c’est-à-dire entre 6 et 7km/h sur les voies publics.
Néanmoins, vous êtes libres de rouler à la vitesse que vous souhaitez sur les chemins privés. Assurer une trottinette électrique n’est pas obligatoire mais fortement recommandée comme tout produit ayant un certain coût. Il en est de même pour le port du casque : vous ne serez pas verbalisé si vous ne portez pas de casque mais pour votre sécurité il est néanmoins préconisé.

source

mercredi 13 janvier 2016

pourquoi les émissions brutes de CO2 du bois énergie sont supérieures à celles du charbon ?



 
 
article écrit en collaboration avec Jean Christophe Rossi, enseignant chercheur chimie, précieux co auteur/ relecteur.
Voici quelques mois, je partais en croisade contre cet engouement pour le bois énergie.
C’était alors ma logique de pensée qui me poussait dans cette démarche, n’arrivant pas à adhérer à l’argumentaire de la compensation CO2 et à l’optimisme sur l’abondance de la ressource.
Par ailleurs, une lointaine formation d’agronome m’a laissé quelques notions de la composition du bois et le voir catalogué comme « peu émetteur de CO2 » me faisait réagir.
D’abord seul contre (presque) tous, j’ai depuis appris que le vent tournait dans la communauté scientifique, comme le démontrent ces deux rapports :
celui de la coalition mondiale des forêts (un consortium de 80 ONG de 52 pays différents), publié à l’occasion de la cop 21 et son résumé en français ,
et celui de Greenpeace « de biomasse à biomascarade » réalisé en 2011. Ils expliquent que :
- les émissions brutes de CO2 du bois sont bel et bien plus importantes que celles du charbon (jusqu’à +150 % selon Greenpeace) ;
- la convention de calcul qui annule purement et simplement ces émissions (la « compensation CO2 ») n’a pas de raison d’être ;
- le bois ne devrait pas être considéré comme renouvelable.
L’essentiel y est dit, j’aimerais apporter ici un modeste complément.
J’ai souhaité tenter d’expliquer pourquoi le bois est un gros émetteur de gaz à effet de serre : c’est tellement à contre-courant de ce qui est habituellement dit qu’il me semble qu’une justification s’impose pour aider à admettre ce fait.
Il y a deux raisons simples qui font que le bois est très émetteur de CO2 : l’une chimique et l’autre physique.


La raison chimique :

Le bois, comme tous les êtres vivants, est composé essentiellement de molécules à base de carbone, des « chaînes carbonées » associant carbone, oxygène, hydrogène et de nombreux autres constituants en plus petite quantité. Les énergies fossiles aussi sont composées de chaînes hydrocarbonées, et ce n’est pas un hasard : ils sont dérivés des êtres vivants ! Un long cycle de transformation en a sensiblement modifié la composition chimique.
Lors de la combustion (réaction d’oxydation par O2) de ces chaînes carbonées, le carbone et l’hydrogène réagissent avec le dioxygène de l’air, les liaisons entre atomes sont brisées et réorganisées. Ces transformations libèrent du CO2, de l’eau et de l’énergie sous forme calorique.
Par exemple, dans le cas simple du méthane : CH4 + O2 → CO2 + 2 H2O
Ici un atome de carbone comporte 4 liaisons vers d’autres atomes d’hydrogène. Dans le cas de la molécule de méthane, les quatre liaisons de l’atome de carbone sont brisées et toutes ont été oxydées et ont fourni de l’énergie.
Si l’atome de carbone est déjà lié à un atome d’oxygène, la liaison (déjà oxydée) n’est pas brisée et donc seules les liaisons restantes contribuent au dégagement de l’énergie.
Par contre, une molécule de CO2 reste émise pour chaque atome de carbone en jeu dans la combustion. Chaque molécule de CO2 émise dans une combustion n’a donc pas forcément engendré la même quantité d’énergie : c’est pourquoi il y a des combustibles plus efficients que d’autres, et des combustibles moins émetteurs de CO2 que d’autres. Le tableau suivant donne l’énergie de combustion dégagée par g de gaz(4)

Ainsi, plus il y a d’oxygène dans la chaîne carbonée, moins il y a d’énergie disponible. Mais il y a tout autant de CO2 au final. La teneur en oxygène du « combustible organique » est donc liée à son efficience.
Pour les gaz, deux fois et demi moins émetteurs de CO2 , que le charbon, il n’y a pas du tout d’oxygène :
 

 le propane C3H8
Le bois est composé essentiellement de (50%) cellulose(5) (polymère du glucose), de lignine(6) (25 à 30%) qui est un polymère complexe constitué de motifs phénoliques comme l’indique l’image suivante et d’hémicellulose.
 

  Structure possible d’une lignine de pin : (source des images : wikipedia, bois)
Structure d’une cellulose : chaque « O » désigne un atome d’oxygène : au premier coup d’œil, on voit que le bois contient une grande quantité d’oxygène.
 

En effet, en moyenne, la composition centésimale massique du bois s’établit comme suit : C 50 % ; O 42 % ; H 6 % ; N 1 % ; composés minéraux 1 % (Ca, K, Na, Mg, Fe, Mn, S, Cl, Si, P).
Au passage, on note la présence d’atomes d’azote (N 1%) : ils deviendront des oxydes d’azote NOx,dont le protoxyde d’azote NO2 qui est 300 fois plus efficace que le CO2 pour l’effet de serre, et qui contribue au phénomène des pluies acides.
Cet azote est, à l’origine, prélevé dans le sol. Un cycle naturel le restituerait au sol, sans création de NOx. En brûlant le bois, on transforme l’arbre en machine à fabriquer du NOx et à le rejeter dans l’atmosphère.
Le charbon ne possède quasiment pas d’oxygène : 7-8 % en masse, contre 42 % pour le bois.

La raison physique :

Encore une fois, c’est relativement simple : le bois vert contient de l’eau. De 30 à 70 % de la masse totale.
Cette eau doit d’abord s’évaporer pour que la combustion du bois se fasse, sinon la température ne peut pas s’élever à une valeur suffisante.
Ce restant d’eau est évaporé en ponctionnant une partie de l’énergie de la combustion : le bois finit de se sécher au feu de bois en quelque sorte. Et l’énergie demandée par cette déshydratation correspond à environ 15 à 20% de l’énergie contenue dans le bois. Et cette énergie n’est pas non plus prise en compte dans les bilans carbone du bois énergie ! (7)
Pour comparer aux énergies fossiles, cette énergie de déshydratation est, à elle seule, du même ordre, voire supérieure à celle demandée pour l’extraction du charbon, ou pour l’extraction et le raffinage des pétroles conventionnels : 10/15 % de l’énergie totale initiale (Source Négawatt(8) : Même si le bois est une ressource locale et facile d’accès, le simple fait qu’il contienne de l’eau annule cet avantage par rapport aux fossiles, pourtant extraits des profondeurs et transportés sur des milliers de km.
Si on rajoute l’énergie nécessaire à la récolte et au transport du bois cela devient pire.
Bien sûr j’oublie aussi l’énergie du broyage des plaquettes et surtout celle des pellets, broyés beaucoup plus finement puis fortement comprimés.
(Détail du calcul à partir de chiffres pris sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_... pouvoir calorifique du bois PCI à 60 % d’humidité : 1,7 kwh/kg, ce qui fait 4,25 Kwh/kg de « l’extrait sec » contenu dans ce bois (1,7/(100-60/100)=4,25) PCI à 11 % d’humidité : 4,4 Kwh/kg, soit 4,94 Kwh/kg d’extrait sec (4,4/(100-11/100)=4,94) La différence entre ces deux chiffres c’est 14 %, (1-(4,25/4,94*100)), soit l’énergie consommée par le séchage de 60 % à 11 % d’humidité. On retrouve quelque chose d’équivalent en calculant l’énergie nécessaire à échauffer cette eau de 20° à 100° (4,18 KJ par Kg d’eau et par degré), puis pour la chaleur latente de vaporisation de cette eau (2265 Kj/kg) : avec un bois à 60 % d’humidité il faut 2,5 kg de bois humide pour avoir 1kg de matière sèche, donc 1,5 litres d’eau à évaporer. Pour chauffer cette eau : 0,14 Kwh (=1,5x4,18x(100-20)/3600), Pour évaporer cette eau : 0,94 Kwh (=1,5x2265/3600) Soit 1,08 Kwh au total. L’énergie totale contenue dans ce bois à 60 % d’eau était donc de (1,7 (le PCI/kg) x 2,5 kg)+ 1,08 Kwh qui ont servi à évaporer l’eau = 5,33 Kwh. Et par rapport à ce total, 1,08 Kwh c’est 20 %.)

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